Angkor, un royaume perdu...

Un dernier regard à la route au couchant du soleil me permet de capter le regard inquiet d’une femme, sa fragilité, sa pauvreté.

jeudi 14 janvier 2010



 Nous n’avions pourtant que 350 kms à parcourir depuis Phnom Penh jusqu’à Siam Reap et les temples d’Angkor.

Ta Phrom, Site d’Angkor. - 63.4 ko
Ta Phrom, Site d’Angkor.

Mes galeries photos de tous les temples, cliquez.

 Cette route dite nationale voir autoroute n’a pourtant qu’une voie et rarement deux. Autant dire que la prudence est une priorité car tout peut y survenir.

 Les motos sont les plus nombreuses, un grand coup de klaxon suffit en général pour qu’elles se poussent sur le bas coté en effrayant les passagers, jusqu’à cinq bien-souvent serrés sur la selle. La moto sert aussi dans cette région à transporter le ou les cochons, renversés sur le dos vers le marché le plus proche. Mais ce n’est que le plus petit chargement, car bien des fois on se demande en les doublant ou est l’engin ! Lorsqu’elle est attelée, la charge tractée est tout simplement incroyable. Une vingtaine de personnes avec leurs courses du marché, ou encore des paquets de fer à béton trainant dans un bruit d’enfer sur l’asphalte quelques mètres derrière, rien n’est impossible... et pourquoi pas une livraison de cartons. Je l’ai pratiquée cette moto-drop cambodgienne en équilibre sur la selle avec la bouteille de gaz de 13 kg entre le conducteur et moi !

 Les camions et les bus me laissent serein quand ils arrivent toujours avec force coups de klaxon. J’aime surtout les chars à bœufs qui sillonnent les routes dans tout le pays pour vendre les plats et braseros en terres cuites, voila une image des plus traditionnelles du Cambodge.

 Un bon coup de frein sera inévitable et fera grogner ma copilote, lorsque la truie du village traverse sans se soucier des noix de coco en mobylette !

 Il arrive quand même que l’on puisse trouver un moment de tranquillité pour entendre par la fenêtre, les sons qui jalonnent notre route, ici le chien qui n’aime pas le jaune de Bucéphale, les enfants qui nous crient un "hello" joyeux, les taches couleurs safran des moines dans une population si mal vêtue.
 De très loin la musique et les prières d’un mariage recentrent mon attention sur la chaussée, qui pour l’occasion tout simplement est occupée sur une voie de la route par un chapiteau. Plus loin le temps d’une ligne droite, mon œil aura pu s’attarder sur le riz qui sèche formant un long tapis doré sur les bas cotés.

 Un souffle puissant détourne mes yeux vers les têtes des buffles émergeant des marres de boue.

 Un dernier regard à la route au couchant du soleil me permet de capter le regard inquiet d’une femme, sa fragilité, sa pauvreté. Le Cambodge est ainsi d’une beauté misérable.

 L’aventure en prend un coup ? Croyez nous ce n’est pas de la sensiblerie, c’est juste une réalité que nous touchons ici de très près et que nous allons encore côtoyer demain...

 C’est ainsi, je ne trouve pas de mots pour décrire les temples d’Angkor, des centaines d’ouvrages en parlent. Magnifiques, envoutants, incontournables ils le sont. Mais même s’ils sont l’histoire, ils ne sont pas la réalité du Cambodge dont je préfère parler, celle d’aujourd’hui. Pire, leur gestion étant privatisée, rien de cette manne de dollars ne revient aux locaux... Royaumes et richesses à Siam Reap côtoient à une rue près une misère pouilleuse et insalubre qui sera à coup sur expulsée un jour. Alors je vous laisse sans un mot en regarder les galeries photos que j’en ai faites.

Banta Srei, site d’Angkor - 42.6 ko
Banta Srei, site d’Angkor

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